Ils témoignent

SALIM, 22 ans, Afghanistan

Salim à l’école FAIR le 2 juillet 2021 après son dernier cours de français A1.

Salim a 15 ans lorsqu’il quitte le district de Nadali en Afghanistan. Il est seul, sans diplôme, son école a été détruite et sa famille a disparu. Il traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, la Yougoslavie, la Croatie, l’Autriche, l’Allemagne et le Danemark avant d’arriver en France en mars 2018. A Paris, il est impressionné par la diversité des cultures, les nombreuses infrastructures, la Seine, la Tour Eiffel, le bruit… tout ce qu’il n’a jamais connu dans son village natal. Il ne parle alors que dari, pachto, quelques mots d’anglais et de danois.

Salim demande l’asile et cherche immédiatement une école pour apprendre le français. Malheureusement, il lui faudra patienter encore un an avant de débuter notre langue. Un enseignement de courte durée, interrompu par les grèves, les manifestations des gilets jaunes puis le confinement. Mais Salim ne lâche rien. Alors qu’il a déménagé à Montereau, en Seine et Marne, son assistante sociale lui recommande l’école FAIR, dans le 7e arrondissement. C’est ainsi que Salim intègre le niveau A1 au mois de mars 2021. Malgré les 90 minutes de transport qui le séparent de son domicile, il ne manque aucun cours. Intelligent et motivé, Salim progresse vite et rejoint les élèves du groupe A2 deux mois plus tard, suivant désormais 4 heures quotidiennes de français. Son objectif ? Construire sa vie dans notre pays, y vivre et y travailler. Ses rêves sont modestes, le jeune homme se voit vendeur ou peintre en bâtiment. Mais pour suivre une formation encore faut-il avoir sa carte de séjour… Salim y croit. Alors que les talibans s’emparent chaque jour de nouveaux districts en Afghanistan, il espère obtenir l’asile en France où il aimerait un jour se marier et si possible vivre en province, à la campagne. Souhaitons-lui une belle vie !

SAMAH, 29 ans, Soudan

En ce début d’été 2021, Samah raconte son parcours mais souhaite rester discrète.

Sous le voile, le visage rond d’une jeune femme de 29 ans, timide mais souriant. Samah a étudié le « Management des systèmes d’information » pendant 4 ans à l’université soudanaise des sciences et technologies de Khartoum, parle arabe et quelques mots d’anglais technique appris lors de ses études. Elle quitte le Soudan seule en 2017 pour Paris. Après 5 mois à peine passés dans la capitale elle est mariée à un proche de son père. Un mariage islamique arrangé entre hommes au Soudan auxquels elle doit obéir et qui n’est suivi d’aucun mariage civil. Samah s’y soumet mais décide de faire une demande d’asile à la France et l’obtient. Alors qu’elle suit les cours de français obligatoires dans le cadre du contrat d’insertion républicaine dispensés par l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration), Shoog, une jeune syrienne, lui conseille de poursuivre son apprentissage de la langue à l’école FAIR où elle est inscrite en parallèle. C’est ainsi que Samah arrive dans notre école où elle débute au niveau A1 en septembre 2020. Aidée par un mentor exceptionnel, qui lui consacre jusqu’à 3 heures de cours particuliers en plus chaque semaine, Samah rejoint très vite les niveaux A2 puis B1. « Souffrant de problèmes de santé, je souhaitais parler suffisamment bien français pour pouvoir communiquer avec les médecins. Aujourd’hui, ma motivation va plus loin encore puisque je voudrais devenir réceptionniste, au contact des autres. » Son mari l’ayant quitté, Samah est désormais libre de construire sa vie en France dont elle apprécie la population et la tranquillité. Son rêve : trouver un appartement, un travail, voir la mer « et parler le français comme Madame Anne, en faisant les liaisons… » Bonne chance Samah !

Mila, 32 ans, Pérou

Mila voit son avenir en France déterminée à soigner la souffrance psychique.

Ce que l’on remarque tout de suite chez Mila, c’est sa bonne humeur. A la sortie de son cours, encore caché derrière le masque, on devine son grand sourire à l’étincelle qui anime son regard franc. Mila a 32 ans et vient de Lima où elle enseignait la danse. Elle y a laissé les violences pour démarrer une nouvelle vie en Europe.

Mila pose d’abord ses valises aux Pays-Bas où elle a trouvé un travail volontaire grâce à Internet. Elle y est logée et nourrie en échange de travaux de culture et de jardinage puis part pour la Croatie apporter son aide sur un chantier de construction. La vie n’y est pas facile et Mila décide de quitter la caravane où elle loge pour rejoindre une amie, Carla, à Paris en novembre 2019. Conseillée par sa paroisse, elle dépose une demande d’asile et prend des cours de français avec la Croix-Rouge qui malheureusement ferme les portes de son atelier lors du premier confinement. Carla recommande alors à Mila l’école FAIR où elle vient de débuter. Mila y entre en novembre 2020. Bien qu’elle ne parle encore que quelques mots, elle apprend vite, très vite. Il faut dire que Mila a rencontré Arnaud, un jeune Français dont elle est amoureuse et qui lui a proposé de partager sa vie. Son assiduité à l’école et ses conversations avec Arnaud lui permettent d’être admise en niveau B1 dès le printemps suivant. « J’aime la façon dont les Français s’expriment. Je les trouve doux et respectueux. Je souhaite m’intégrer dans la société et vais travailler pour y parvenir. L’école FAIR a déjà fait beaucoup pour moi ». Dynamique, optimiste et motivée, Mila a un solide projet : devenir psychothérapeute et suivre dès que possible un cursus en psychologie à l’université tout en trouvant un job étudiant pour financer ses études. Avec une telle énergie, gageons qu’elle y parviendra. Rendez-vous au cabinet dans 5 ans Mila !